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ذ.عبدالكريم موجاوي

Le Rocher des Ath Ameur

 

Prologue

Au pied du mont Foughal se trouve le lac d’Ouaoulloute et tout autour se dresse le village du même nom, chef lieu de l’une des branches des Bni Atig du nord, qui fait partie du rassemblement des quatre grandes tribus des Béni Snassen. Le lac, pour y revenir, est sujet à plusieurs légendes qui se sont perpétuées au fil des siècles de bouches à oreilles par les grands-mères qui ne se lassaient pas de les raconter à leurs petits enfants. L’une de ces légendes qui ont résisté au temps est celle de l’homme qui était venu du levant.

« Il était une fois une vieille femme de simple condition qui vivait seule dans une chaumière à la périphérie d’un grand et riche village. On ne lui connaissait aucun membre de famille. Et pour seuls compagnons, elle avait une chèvre qui lui procurait son bol de lait quotidien et une chatte noire avec laquelle elle partageait le  produit de sa traite. Les habitants du village, quant à eux, ils s’en méfiaient et s’en éloignaient comme de la peste et pour cause : elle avait quelques connaissances des plantes médicinales qu’elle utilisait pour soigner telle ou telle maladie. Comment et quand elle avait acquis ce savoir ? Nul ne le savait. Ils confondaient cet usage ancestrale avec de la sorcellerie et ne faisaient appel que rarement à ses services.  Et ce qui était encore plus cocasse dans cette attitude saugrenue est qu’ils-les villageois- boycottaient la pauvre femme pour se jeter dans les bras de quelques charlatans qui foisonnaient dans le bourg et ses environs. Cependant le plus triste c’était qu’ils ne savaient pas que ce rejet mettait à mal la vieille femme qui arrivait difficilement à joindre les deux bouts. Et ce qui la chagrinait encore davantage était la solitude où elle se trouvait confinée malgré elle, devenant ainsi son lot quotidien. Les enfants du village n’enviaient rien à leurs aînés, ils se mettaient eux aussi de la partie. Ils n’hésitaient pas à l’insulter et à lui lancer des pierres quand l’occasion se présentait.

Pour atténuer le poids éreintant de cet ostracisme, la vieille herboriste avait élevé une chatte noire qui la suivait partout comme son ombre. Ce compagnonnage entre une femme et un animal, noir de surcroît, ne faisait qu’accroître la méfiance des gens qui voyaient là la preuve vivante de l’accointance de cette sorcière avec les forces occultes, étant donné qu’un chat noir n’est, selon la conscience collective, que la réincarnation d’un démon. Et il serait fastidieux que d’expliquer que les hommes, en ces temps reculés, étaient rongés par la superstition jusqu’à la moelle des os. Et la pauvre femme était la première à en pâtir.

Les jours passèrent et l’attitude des villageois ne changea pas d’un iota. La vieille femme médecine s’absentait deux, trois jours en emmenant ses compagnons d’infortune. Ces absences répétées confortaient les bourgeois[i] dans leur position. Ils croyaient dur comme fer que ces disparitions fortuites, c’était en fait pour rejoindre d’autres sorcières adoratrices du malin. La vérité était bien sûr tout autre. Et des plus banales encore. La pauvresse s’enfonçait de plus en plus profondément  dans la forêt pour glaner quelques herbes médicinales qui se faisaient rare à cause de l’alpage[ii] à outrance.

Par une journée de grande canicule arriva au village un étranger, l’âge incertain. Il avait fière allure malgré l’état de délabrement où il se trouvait. Il était vêtu d’une vieille djellaba qui avait vu des jours meilleurs, une barbe couleur de cendre couvrait presque un visage émacié et bistré par le soleil. Il traînait  des babouches éculées qui ne lui facilitaient guère la tâche. Il s’arrêta à l’entrée du village, lorgna à gauche et à droite comme s’il cherchait quelque chose de précis puis repris sa marche avec entrain après avoir épongé son front perlé de sueur du manche de sa djellaba. Il se dirigea directement vers la place où il avait repéré un puits. Une fois là-bas, il déposa son espèce de baluchon à même le sol et se mit à puiser de l’eau. Pendant tout ce temps, quelques villageois s’agglutinèrent pour former de petits groupes  épars tout autour. Il faut dire que la venue inopinée d’un étranger était un événement mais aussi un sujet à suspicion. Le dernier venu comprendrait qu’ils n’avaient pas les étrangers en odeur de sainteté.

L’étranger ne fit guère attention aux conciliabules qui se faisaient tout autour. Il entama une toilette sommaire, but quelques gorgées, fureta dans son sac, tira un semblant de tapis de prière qu’il déposa en direction du levant. Sa prière finie, il leva la tête vers le ciel pour constater que le soleil commençait à décliner vers le ponant. Il devait chercher un point de chute pour la nuit. Il remballa ses affaires et se dirigea vers le groupe le plus proche. Avant même de s’en approcher, tout ce beau monde se débina, même manège se répéta plusieurs fois; la place naguère pleine d’animation, se vida comme par enchantement. L’homme du passage ne s’en offusqua guère. Il avait l’habitude de ces réactions spontanées des petites gens. Les temps sont durs, les routes n’étaient pas sûres, aimaient-il à se répéter en son for intérieur. Il faut dire qu’il avait une confiance aveugle en le genre humain. Il reprit son ballot et commença à faire le tour des maisons. A la première, personne n’ouvrit et avant même d’arriver à la deuxième, il entendit la porte puis les fenêtres claquer à tour de rôle dans un fracas de tonnerre. Même réaction à la troisième demeure, toutefois alors qu’il s’apprêtait à retenter sa chance, il entendit une voix qui lui disait à travers les jalousies : « Tu es entrain de perdre ton temps étrangers, ici on n’aime pas les gens du passage, reprends ta route avant que la nuit tombe ! » Il n’eut d’autres choix que de suivre le conseil de la voix inconnue.

La région était truffée de grottes et d’igues, il en trouverait bien une. Et avec un bon feu de camp, il se tiendrait au chaud tout en mettant à bonne distance les prédateurs nocturnes, se dit-il. Il reprit sa marche en silence. Rien sur son visage ne trahissait une quelconque colère ou nervosité contre ces campagnards endurcis ni contre la malchance qui n’avait pas cessé de lui faire de l’ombre. Comme jamais, contre mauvaise fortune, il fit bon cœur. Il essaya de trouver des excuses à l’attitude de ces villageois. Sa mansuétude n’avait d’égal que sa grandeur d’âme. Sa bonté de cœur occultait l’état de dénuement où il se trouvait. Une aura mystérieuse émanait de sa personne mais une aura invisible aux gens au cœur de pierre. Ceux-là étaient certes aveuglés par les vicissitudes de la vie mais aussi par une avarice et une concupiscence sans égal. L’homme qui venait du levant entamait une âpre escalade quand son regard fut attiré par une cahute sur sa droite en bas de la colline concomitante à la montagne sur laquelle il se trouvait. Oubliant ses déboires au village, il décida de retenter sa chance. Allah est grand, clamait-il tout le temps comme un refrain. Ce fut une dure descente. Avait-il le choix ? Il prit donc le parcours inverse comme s’il rebroussait chemin puis bifurqua à dextre toujours en descendant. Ce fut une course contre la montre comme dirait quelqu’un de nos jours. Quand il atteignit la chaumière, c’était déjà le crépuscule.

Sur le perron de la cabane se dressait la silhouette de ce qui paraissait être une femme, la nuit qui tombait ne lui permettait pas de voir clair. Il ralentit la cadence pour ne pas effaroucher le spectre devant lui, l’expérience du bourg était encore vivace dans son esprit. Heureusement pour lui, la femme sur le seuil, puisque s’en était une, n’avait pas bougé de sa place, elle semblait même l’attendre. Le voyageur prit cela pour de la bonne augure. Il salua :

-Assalamo 3alaycom ma bonne dame !

-Wa alayKoum assalam étranger, répondit la vieille herboriste.

Eh oui, le hasard ou la volonté divine, ou peut-être même les deux avaient amené notre voyageur solitaire vers la vieille femme.

-Je suis de passage, je cherche le gîte pour cette nuit et je me contenterai du peu que vous daignerez m’offrir gente dame.

-Soyez le bien venu étranger, pour le gîte, il n’y a pas la place qui manque mais pour le couvert je n’ai que ce bol de lait de chèvre à nous partager tous les deux.

Le visage de l’homme s’empourpra plus de honte que de joie. Pour ne pas gêner la vieille, il inventa cette parade : « j’ai l’habitude de jeûner le jour, je le ferai de nuit pour une fois et ça ne fera de mal à personne. Et puis le gîte c’est déjà assez pour moi ». Sur ce, il déposa son sac en tissu et s’affala à même le sol, l’auvent de chaume pour couverture et le corps tout en sueur. Il ne put s’empêcher de fermer les yeux. Il était à bout. Quelques instants plus tard, il fut réveillé en sursaut par les bêlements de la chèvre. Il vit alors la vieille qui tirait son animal, sa seule source de subsistance, et un couteau à la main. Il saisit de suite ce qu’elle voulait faire. Devant son air éberlué, elle lui dit :

-j’ai menti quand je vous avais dit que je n’avais rien à vous offrir hormis le bol de lait. Allah ne me le pardonnera jamais !

L’homme n’eut d’autre choix que de louer Allah pour la magnanimité de cette femme, ce geste ne fit que le conforter dans ces principes : la confiance en l’être humain. Les villageois ? C’étaient des brebis qui s’étaient égarées, rien d’autre. Il se leva, prit la lame de la main de la vieille et entama d’égorger puis de dépecer la bête selon le rite musulman. On mangea à satiété, on parla de tout et de rien pendant une partie de la nuit. Son hôtesse lui raconta son passé, sa vie à la marge du village, l’attitude hostile de ses voisins villageois à son égard ; lui, il lui relata ses voyages et ses pérégrinations dans les contrées lointaines pour d’abord apprendre, puis pour prêcher la bonne parole. Il lui fit part de ses différents pèlerinages, ses rencontres, les dangers encourus. Il était originaire du sud du pays, qu’il avait quitté les siens dès son jeune âge et avait passé plus de trente bonnes années à vaguer d’ouest en est et du sud vers le nord. Il était temps pour lui de boucler la boucle pour faire profiter les siens des connaissances qu’il avait glanées ça et là.

Le jour suivant, l’étranger se leva de bonheur pour voir la vieille herboriste s’affairer autour d’une  large souche d’arbre coupé qu’on trouve d’ordinaire chez les bouchers, improvisée en plan de travail de cuisine en plein air. Elle avait coupé, salé et épicé la viande restante avec de fines herbes dont elle seule avait le secret. Elle choisit ensuite les meilleurs morceaux qu’elle enfila dans un tissu de satin  puis se tourna vers son hôte :

-Des provisions pour le reste du voyage. N’oublie pas de les faire étaler au soleil dès que tu auras l’occasion de t’arrêter pour te reposer sinon tous mes efforts partiront en odeurs pestilentielles.

Elle dit cela et partit dans un éclat de rire larmoyant.

-Je suis très confus, j’ai largement abusé de ton hospitalité sage femme.

-Ne dites pas de sottises, lança-t-elle un peu froissée, à mon âge on se contente de peu, vous êtes encore jeune et vous en avez plus besoin.

Emu par tant d’attention, l’homme qui venait du levant pris les deux mains de la vieille, l’embrassa sur le front et lui dit :

-je n’ai rien à vous offrir ma bonne vieille dame, toutefois j’ai une recommandation à vous faire. Je vous conseille vivement de déplacer votre gîte le plus vite possible, je ne puis vous  dire quand exactement mais dès que vous voyez la chatte déplacer ses petits, faites de même sans attendre. A la grâce d’Allah.

Elle voulait lui poser d’autres questions, avoir plus de détails, lui dire que sa patte-pelu n’était pas pleine mais, d’un pas preste, l’étranger avait déjà commencé à ré escalader la colline, la laissant toute songeuse.

Les jours passèrent, la vieille femme reprit son train-train quotidien. La dureté de la vie lui fit presqu’oublier le passage éphémère de cet étrange individu qui venait de l’orient. Cependant, un jour alors qu’elle dormait du sommeil des justes, elle fut réveillée par des miaulements à peine audibles, elle quitta précipitamment sa modeste couche et sortit. Dehors, elle vit un spectacle qui la figea de stupeur. Et les recommandations du voyageur défilèrent dans son esprit. Comment, quand et où l’animal avait mis bas ses petits ? Mystère. La féline avait pris à plein dents un de ses petit par la couenne et remontait la butte. Elle disparut de vue puis réapparut après quelques instants sous le regard médusé de l’herboriste. Le mistigri fit de même avec les autres chatons. Sans tergiverser, la vieille femme emballa tant bien que mal le peu de ses affaires qu’elle jugeait utiles et suivit prestement l’animal. Heureusement pour elle, on était encore en plein été, elle se contenta d’un abri de fortune fait de branches et de tourbe.

Deux jours plus tard, on entendit une déflagration assourdissante, la terre bougea sous les pieds de la vieille qui eut juste le temps de s’agripper à un arbre. L’accalmie revenue, elle osa un coup d’œil du côté d’où venait l’écho de l’explosion, du côté du village. Elle resta pétrifiée ; du hameau, il ne subsistait rien. A la place un grand trou béant semblable à un cratère de volcan éteint. Des habitants aucune trace, aucune clameur, aucun gémissement, comme si la terre s’était ouverte et les avait engloutis d’une seule traite.

Pour avoir le cœur net, elle dégringola le tertre dans l’espoir de trouver des blessés parmi les rochers. Aucune trace, aucun gémissement et aucun appel au secours. Alors qu’elle examinait le cratère, elle entendit comme un souffle derrière elle, elle se retourna pour voir jaillir de la terre un grand jet d’eau. Elle n’eut d’autres choix que de rebrousser chemin vers son refuge. Une fois sur les hauteurs, elle constata de visu que le débit de l’eau redoublait de puissance et le creux se remplissait à vue d’œil. Le matin suivant la secousse, à la place de l’excavation, il y avait un lac d’une grande superficie dont la rive arrivait presque au faîte de la colline. Le paysage s’en trouva métamorphosé. Une vraie féerie.

Les jours et les mois passèrent et la vie suivait son cours normal pour la vieille femme. La nature reprenait tranquillement ses droits : la faune réapparaissait et la flore reconquérait doucement les terres que les êtres humains lui avaient prises  et assujetties. L’herboriste avait de la peine à quitter l’endroit où elle avait passé une partie non négligeable de sa vie. Seulement, que pouvait-elle faire devant cette immensité bleue et ces terres qui devenaient de plus en plus hostiles. Endroit où il n’y avait pas âme qui vivait à des lieues à la ronde. Le jour précédant son départ, elle entendit de bon matin ce qui semblait être des clameurs qui lui arrivaient en écho de l’autre rive du nouveau lac. Elle scruta l’horizon et vit soudain une, deux puis trois colonnes de fumée qui montait vers le firmament.

-C’est seulement des feux de camp, se dit-elle, des chasseurs peut-être ou une caravane qui traverse la région.

Il lui semblait voir des personnes qui bougeaient. Et en grand nombre. Elle ne put résister à la tentation. Depuis la catastrophe, elle avait l’impression d’être seule dans ce monde ici-bas. Elle délaissa ses affaires et se dirigea d’un pas assuré vers les nouveaux arrivants en contournant presque tout le bassin. En arrivant, elle fut accueillie par une sarabande de bambins qui courraient dans tous les sens. A première vue, il s’agissait du feu de camp d’une tribu de passage lors de sa transhumance annuelle ; d’une grande tribu, vu le nombre des tentes et des têtes de bétail qui paissaient un peu partout tout autour. Les femmes du clan lui firent bon accueil. Elle apprit  par elles qu’ils venaient du sud, qu’ils fuyaient la sécheresse qui avait fait des ravages parmi leurs cheptels et qu’ils étaient à la quête de nouveaux pâturages. A son tour, la vieille leur fit le tour d’horizon de son histoire, ce qui était arrivé aux gens de son village et sa décision de quitter la région. Après un bref moment de réflexion, elle leur demanda tout bonnement : « Pourquoi ne pas vous installer sur ces terres, elles sont à personne maintenant ? Et ce n’est ni l’herbe ni l’eau qui manque par ici, ajouta-t-elle ». Les femmes de la tribu se regardèrent  et après un bref conciliabule, trouvèrent l’idée non dépourvue d’intérêt. Prit la parole alors celle qui devait être la femme de l’amghar de la tribu, car toute les autres se turent :

-Ce serait de bon augure pour nous mais c’est au conseil de la Djemaa d’en décider car il s’agit là d’une décision capitale pour l’avenir de la tribu.

La décision fut prise le soir même à l’unanimité. Un banquet s’en suivit avec des chants et des danses. Une danse en particulier. Laâlaoui, c’est son nom. Elle se caractérise par une chorégraphie qui rappelle la guerre et les faits d’armes de la tribu, avec un déhanchement terrible mais réglé au millimètre près. La vieille femme, quant à elle, fut adoptée par la tribu ; de son côté, elle leur apporta tout son savoir en médecine et en fines herbes. Il était temps pour elle de passer le flambeau à quelqu’un d’autre. Ce serait une grande perte si les connaissances qu’elle avait héritées de père en fils  se perdissent dans le néant. Et cela, les sages de la tribu l’avait bien compris. Elle jeta alors son dévolu sur une jeune femme qui semblait prendre de l’intérêt à ce qu’elle mijotait comme mixtures et décoctions. Elles ne se quittèrent plus. Elle l’accompagnait dans toutes ses sorties à la quête des herbes thérapeutiques.

Il ne se passa plus beaucoup de temps pour voir se dresser un village en dur, des champs se dessinèrent, la vie reprit son cours et de plus bel. Le lac devint source de richesse pour la tribu. On lui donna le nom de Thaourirt nthfoughth, où la vallée du soleil. L’astre flamboyant illuminait de mille feux l’étendue bleue du lac créant un jeu de lumière continu. Le nom éponyme du village ».

Epilogue :

L’histoire de la vieille femme et de l’homme qui venait du levant s’était transmise de    génération en génération pour arriver jusqu’à nous, jusqu’à faire partie du folklore de la région des Béni Znassen. Les grands-mères la racontaient et la racontent toujours mais ce qu’elles ont toujours omis sciemment ou inconsciemment de raconter aux petits enfants, c’est qu’à des intervalles régulières les eaux du lac happaient des nageurs inconscients malgré les avertissements. Ceux qui s’aventuraient après la prière d’el Açr étaient foudroyés par des forces occultes. Les villageois acceptaient stoïquement ces disparitions. Pour les anciens, c’est là le tribut à payer aux âmes errantes des premiers habitants de la région ceux qui avaient péri lors de ce cataclysme légendaire. Pour conjurer le mauvais sort, les ancêtres avaient instauré une cérémonie pendant laquelle ils égorgeaient plusieurs têtes de bétail pour la gloire d’Allah mais aussi pour apaiser la colère de ces âmes en peine. Toutefois selon les dires de certaines gens, ses esprits errants ne s’apaisaient qu’avec la noyade d’une personne. Et étrangement, après chaque disparition, le volume du lac se triplait et les moissons atteignaient des records jamais égalés. Ne dit-on pas qu’à chaque chose malheur est bon. 

                                                                                                          


[i]  Habitants de bourg.

[ii] pâturage

Nejm-Eddine Mahla


 

 

 

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