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ذ.عبدالكريم موجاوي

 

Le Rocher des Ath Ameur

Le pont de la concorde

Ecrit par : Mohamed Mehdaoui

Traduit par : Nejm-Eddine Mahla

A la mort de leur père, Oncle Hammoudane et son frère Hmiddane étaient entrés en conflit qui fut suivi d’une rupture qui avait duré de longtems. La présence d’un pont qui séparait leurs terres respectives ne fit qu’accentuer cette dispute et tuer dans l’œuf toutes les tentatives de les réconcilier. Car Oncle Hammoudane et sa chèvre n’avait plus le droit de le traverser pour aller vers les hauts pâturages… Chacun sur une rive, épiant, à l’affût et prêt à en découdre avec l’autre. Debout chacun à une extrémité du pont qui traversait la vallée, Ils gesticulaient et se lançaient des menaces à longueur de journées. Avec le temps, cette construction devint synonyme de ressentiment et de rancœur. Ce conflit finit par être sur toutes les lèvres jusqu’au-delà des montagnes des Béni Snassen, s’ensuivirent alors de timides initiatives mais qui n’eurent aucun succès. Mêmes les animaux ressentirent les effets de cette rupture. Elle mit fin à tout contact que ce fût humain ou animal, ni les appels bouleversants des amants, ni les bêlements stridents des chèvres et de leurs petits des deux côtés de la vallée ne fléchirent l’entêtement des deux frères-ennemis.

La chèvre Azza lança un bêlement guttural qui se répercuta en écho à travers le gouffre béant qui séparait les deux terres. La résonnance de ce cri de détresse fit répéter aux êtres vivant dans la région- humains comme animaux- cette ritournelle pleine de sens : « Ah, quand l’homme s’immisce dans la vie des animaux… »

Depuis le début de ce conflit Azza , la biquette d’oncle hammoudane et sa sœur Maâzouza qui se trouvait de l’autre côté chez monsieur Hmiddane, avaient pris l’habitude de se rencontrer sur les versants escarpés de la ravine protégées des regards indiscrets par la nuit noire, pour essayer de trouver une solution médiane qui pourrait rendre les choses telles qu’elles étaient avant la dispute.

Pour sûr, rien n’était comme avant, ni les chiens par leur dynamisme nocturne, ni les vaches, par leur gloutonnerie coutumière à longueur de journées et ni les coqs qui perdirent de leur superbe. Le cocorico d’antan ne fut que l’ombre de lui-même., c’était plus un lamento qu’un cri de bienvenue accueillant le jour nouveau. Seule la rivière sortait du lot en affichant un sourire des grands jours, toute heureuse de sa solitude et de ses eaux limpides.

La situation étant ce qu’elle est, Les deux sœurs décidèrent d’agir. Et vite. Elles profitèrent d’une nuit sans lune pour se réunir en cachette avec le reste de la faune de la région. Elles résolurent, en concertation, de construire un grand et magnifique pont. Chose inouïe, je vous l’accorde, mais la suite de l’histoire leur donnera raison. Une fois l’ouvrage terminé, elles fixèrent sur ses supports de suspension une longue et large enseigne sur laquelle était écrit en grandes lettres : le Pont de l’affection. Les parapets en étaient couverts de paille et de fleurs multicolores, les côtés et le sol de fines herbes dans les arômes embaumèrent tout l’entourage. Comment ils avaient fait pour réussir cet exploit ? Nul ne le sut, en tout cas parmi les êtres humains.

Le matin d’après, oncle Hammoudane entra comme à son habitude dans l’écurie où litaient ses animaux, pour la trouver vide de ses occupants, il avait beau chercher dans les recoins sa belle chèvre mais sans résultat. Soudain, il tendit l’oreille et entendit comme des clameurs venant de l’extérieur, il sortit en courant et ce fut un spectacle extraordinaire qui s’offrait à ses yeux : de l’autre côté du pont, tous les animaux des deux rives en liesse générale. Ils dansaient, s’embrassaient, cavalcadaient et criaient leur joie, celle des retrouvailles après une longue et âpre séparation forcée. C’était plus fort que ce que pouvait supporter son cœur fragile. Ses yeux s’embuèrent de suite et il commença à pleurer à chaudes larmes. Mais il n’était pas à sa première surprise, il frotta ses yeux… (Eh oui, il n’avait pas la berlue)… au milieu de cette faune enthousiasmée, il remarqua tant bien que mal son frère Hmiddane qui … pleurait de… joie, surtout quand il vit son grand frère qui l’observait de l’autre rive l’air abasourdi.

Il l’appela tout en pleures comme un petit enfant :

-Mon frère… mon frère ! Comme tu m’as manqué !

Il courut vers son frère aîné pour le tenir dans ses bras comme ferait une mère pour son bébé, en plein milieu du pont. Ils restèrent longtemps enlacés, pleurant leur saoul comme deux simples bambins. Des larmes de joie qui disaient long sur leur affection l’un pour l’autre. Ne dit-on pas que le sang ne devient jamais eau ?!

Fort ému de ses retrouvailles inespérées, l’oncle Hammoudane interpela son cadet de frère :

-Je ne te savais pas de toute cette bonté, mon frère ?! Tu as construit un pont, un vrai, et tu t’es débarrassé de tous les obstacles qui nous séparaient et tout ça … en une nuit, mais c’est extraordinaire !!! Comme tu es grand, mon frère!...

Son frère l’interrompit :

-Tout le mérite revient à ces deux biquettes, et joignant le geste à la parole, il montra du doigt les deux sœurs : Azza et Maâzouza. Sans leur présence d’esprit, les boutures de la l’amour fraternel n’auraient pas pris racine entre nous…

Les deux frères organisèrent de concert une grande agape à laquelle furent invités tous les Amghar des tribus de la grande fédération des Béni Snassen et on discerna la plus grande distinction aux deux chèvres, celle de la concordance. On les attifa toutes les deux d’une couronne de fleurs dorées chacune comme gage de reconnaissance éternelle pour tous les services rendus à la communauté : celle qui marche sur quatre pattes comme celle qui marche debout.

Et comme chaque fête qui se respecte se clôt par un discours, les deux caprines furent invitées sous les vivats et les cris du public enflammé.

Par commodité, on en a choisi la partie la plus émouvante.

-« … Vous ! Etres humains …, et vous ! Faune de la région… construisez les ponts de l’amour et de la concordance entre vous, ne cédez pas à la haine, laquelle est le feu grégeois qui brûle les cœurs de l’intérieur… Beaucoup de ponts, autour de vous, ont été rasés… une simple attention de votre part serait la bienvenue… Soyez donc, que Dieu vous bénisse, des architectes et des bâtisseurs et non les pioches de la démolition et de la destruction… ! »

                                                                                                                                   Ecrit par : Mohamed Mehdaoui

Traduit par : Nejm-Eddine Mahla

 

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